Samedi, départ de Trinidad, petite ville qui nous aura plu par sa taille humaine et son atmosphère tranquille. Nous quittons la ville en bus, 1h30 pour rejoindre Cienfuegos, ville plus grande, elle aussi en nord de mer, en bord d’estuaire. La mer est sale, semble polluée. 

Nous visitons à pied mais rapidement nous souffrons de la chaleur avec nos sacs sur le dos. Nous cherchons une casa pour la nuit mais ne trouvons rien qui nous plaise. Ville bruyante, sans intérêt particulier nous avons envie de calme. 
En discutant avec un gars nous apprenons qu’a 10 kms d’ici se trouve Rancho Luna, minuscule village en bord de mer. Nous prenons un taxi qui semble connaître une belle adresse. 
Nous arrivons dans une casa pratiquement sur la plage, tenue par L et M, 70 ans, très agréable. La seule chambre est encore occupée par un Québécois qui est sur le départ, D, un sacré numéro!!
Nos hôtes ne parlant pas anglais il nous fait les présentations et explications, la visite des lieux, nous fournit les visites conseils avant de nous quitter et nous laisser sa chambre. 
Apm à la playa, dîner chez l’habitant et au lit. Le lendemain même programme, la mer est un peu moins translucide qu’à Varadero mais très chaude. Musique sur la plage, nombreux Cubains en famille (c’est le week end), sieste, tout va bien, nous rechargeons les batteries pour la reprise. 
Le soir Oliv décide de s’essayer à la pêche locale. Des rochers surplombant le bord de mer, il suffit de lancer le fil comme un cow boy lance un lasso, un plomb, un hameçon et c’est avec le fil dans les doigts qu’on doit sentir la touche. 
Seul hic, Oliv n’a pas de matos, il va devoir improviser. C’est aussi l’attrait de nos voyages, aller au contact des gens, la clef, c’est le sourire, ça ouvre toutes les portes. Après avoir demandé à un gars qui surveillait un delphinarium (un dauphin fut attrapé et ils lui ont construit un immense parc dans la mer), Oliv se retrouve avec le minimum nécessaire à 2h de pêche, le vent s’est levé, la nuit tombe, la technique manque, résultat: brocouille!!
Une belle expérience malgré tout et une bière pour remercier le prêteur de matériel qui était tout heureux. 
Ce matin, dernier jour en bord de mer, nous allons en profiter à bloc avant de partir demain 9h pour La Havane, décollage mardi fin de journée, ça sent la fin du voyage...
Quelques infos:
Je n’ai pas voulu noter le nom de nos hôtes car ils nous ont donnés des infos compromettantes. 
M a travaillé pendant 30 ans, elle touche 8€ de retraite par mois, L lui a bossé 32 ans, idem. 
Il vende un produit de leur fabrication à une coopérative gouvernementale, celle ci vend le produit en question en Europe pour 3500€ la tonne, L lui touchera ... 450€ pour cette même tonne. Le gouvernement n’a rien fait, lui se lève tous les jours à 4h du matin pour travailler le produit, 5 jours/7. 
Ils produisent entre 3 et 13 tonnes / an. L’an dernier, désastreuse au niveau météo pour leur production, ils ont donc eu 1500€/an pour vivre à deux, production et retraite incluses. Heureusement la location de la casa leur permet de s’en sortir. Ils ont interdiction absolue de vendre en direct leur production, tout doit aller à l’état. Il échange quelques bidons de ce produit contre du carburant pour la voiture mais il le font avec des gens de confiance car c’est hyper dangereux pour eux. 
A les entendre, ça bouillonne dans les esprits , nous ne serions pas surpris que le régime ne soit plus en place dans 10 ans. 
Bonne lecture

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